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Jour de rentrée : Cinq minutes !

Posted by Juju On June - 26 - 2010
pocket watch

Voici le deuxième texte écrit rapidement pendant ma première pause déjeuner à l’Université de Montpellier 2 (premier texte par ici). Je devais vraiment être aigri ce jour-là… Le raisonnement n’est pas totalement terminé, mais la fin est plutôt logique… :D

Il y a quelque chose qui m’a toujours frappé et que je n’ai jamais réellement compris : les gens qui courent pour absolument avoir le tramway qui arrivent à la station à 10 mètres d’eux !

Quoi de plus normal, me direz-vous ! Ils ont probablement quelque chose de prévu, beaucoup envie de rentrer chez eux ou un rendez-vous avec des amis. Mais voici l’absurdité : il y a un tramway qui s’arrête toutes les cinq minutes. Si ce n’est pas celui-là, ce sera le suivant. Ils ne sont pas à cinq minutes près ! Si ?

Plusieurs raisons pourraient expliquer ce comportement. Beaucoup d’entre elles ne réfèrent pourtant qu’à des situations exceptionnelles, que l’on ne rencontre pas forcément tout le temps, tous les jours : poursuivi par un chien enragé avec les dents qui font la taille de nos avant bras ; dans une pente abrupte rendant la marche normale impossible et obligeant à piquer un sprint ; un câble qui relie le dit individu et l’arrière du tramway, … Il reste aussi une raison qui pourrait être plus ou moins évidente : ces gens-là ne savent tout simplement pas qu’un tramway passe toutes les cinq minutes seulement. Ils stressent donc à l’idée de devoir attendre 20 minutes, seuls dans un arrêt glauque et perdre la même période sur leur emploi du temps. Ca pourrait sembler logique mais je pense que la raison est tout à fait inverse…

Selon moi, un tel comportement consitue un réflexe, il n’est pas complétement contrôlé et donc la réflexion n’intervient pas forcément avant l’action. Il s’agit d’une d’une sorte « d’habitude citadine ». Je suis prêt à parier que 95% de ces gens habitent en ville depuis longtemps et ont, pour la plupart d’entre eux, passé leur enfance en ville ou en banlieue, bercés par les transports en commun. Enfants, ils utilisaient probablement le bus, le tram ou le métro pour aller de leur domicile à l’école. Une telle habitude devait être l’objet d’une organisation précise et bien rodée émanant des parents pour les assister dans les premiers pas vers l’indépendance et pour assurer leur sécurité dans ce nouveau monde semé d’obstacles pour les novices : la-ville-tout-seul.

linen house hostel kent street

 

En fouillant dans les entrailles de mon PC je suis tombé sur quelques notes que j’avais gribouillées le jour de ma rentrée à la fac de Montpellier 2 l’année dernière. Ca m’a fait sourire de retomber là-dessus. Chronologiquement le premier texte se passe juste avant le tout premier cours de l’année et le deuxième pendant ma première pause déjeuner sous le soleil de Montpellier. Comme quoi, c’était mal parti dès le départ en fait…

 

Il est 9h22, je viens de me poser sur un magnifique petit muret… J’ai eu le temps de repérer où était mon amphi. Motivé ! Plutôt hâte de commencer, voir des gens, leurs comportements, leurs façons d’agir, leurs personnalités, etc.

 

Mes premières impressions de la fac sont plutôt bonnes : il fait beau, c’est grand, bien organisé. Y’a plein d’étudiants partout. Ca discute. Ca rit. Beaucoup d’étudiants français comme on les aime, avec des personnalités bien typées. En voici deux exemples.

 

Le mec de la Student Union (les noms des personnalités sont poétiquement choisis en référence à des gens que j’avais rencontré auparavant)

Généralement, ils se retrouvent par groupe de 4 ou 5. Ils sont bronzés, souriants, parlent fort, en vêtements amples, tongs à souhait. Quelques filles accompagnent généralement le groupe. Elles sont plus réservées, le regard fuyant, elles parlents peu et sont souvent agressives envers les garçons du groupe, les gars de la Student Union.

L’état d’esprit global de ces gars est que les vacances ne sont pas finies tant qu’ils ne sont pas assis dans une salle de classe, qu’ils sont beaux et qu’ils parlent fort pour qu’un maximum de gens entendent les blagues grasses et grossement arrondies qu’ils déblatèrent. Il représentent, selon eux, l’étudiant relax modèle, non stressé par la rentrée et bien dans ses basquettes, le genre de gars idéalement choisi par les journalistes pour un reportage sur la rentrée.

Debouts, ils s’assurent que le plus grand nombre d’admirateurs secrets puissent vénérer leur vomi verbal dégurgité du sommet de leur connerie basique enlaidie d’un égo non justifié.

 

Le gars de l’hostel de Belfast

Le deuxième type d’étudiants que l’on rencontre souvent est l’étudiant propre sur lui, le gars de l’hostel de Belfast. Ce genre d’étudiant compte les jours le séparant de la rentrée depuis bientôt deux semaines. Cette attente bien calculée est agrémentée d’un mélange de stress et d’impatience. L’impatience de retrouver ses petites habitudes, ses feuilles organisées et la gestion passionnante de son agenda bien tenu. Le stress de découvrir de nouvelles têtes, de nouvelles personnes à aborder de surtout le fameux « stress de la rentrée » créé par son subconscient conventionnel et justifié par les clichés communs à l’ensemble de la société.

Généralement, ce genre de personnes se retrouvent dans des groupes de 2, 3 voire 4 au grand maximum. Les discussions dans ce type de sphère sont les plus banales et superficielles bien que souvent rattachées à un domaine spécifique (informatique, politique, …). La plupart du temps, tous les acteurs de la conversations possèdent les même connaissances sur le sujet traité. Personne ne peut donc rien apporter à personne. La discussion n’a aucun intérêt mais elle a pourtant lieu. Le but : chacun doit montrer le plus maladroitement possible l’ampleur de son savoir. Quand je dis que tout le monde sait la même chose, ce n’est pas tout à fait vrai. Il y a parfois, souvent d’ailleurs, des divergences d’opinions, des points sur lesquels les participants ont des avis différents. C’est la manière par laquelle ils tentent de prouver leur supériorité et de se différencier des autres. Les arguments sont lancés fièrement, froidement, voire agressivement, mais le tout d’air qui se veut détaché, comme pour prendre l’auditoire de haut, le mépriser, le remettre à sa place. Du coup, chaque sujet de discussion abordé au cours de la conversation est amené à être disséquer en multiples éléments sources de conflits interminables. Dans ce cas, en plus de n’avoir aucun intérêt à sa base, la conversation est une merde sociale.

logo le refugeParlons fond…

En voilà une idée qu’elle est bonne ! En voilà des gens qui utilisent leurs ressources pour créer quelque chose d’humain et d’utile pour la socité ! L’association nationale Le Refuge est une structure conventionnée par l’Etat qui a pour but d’aider les jeunes homosexuels à affronter toute forme d’homophobie (aggressions, rejet par son entourage) ou de mal-être (perte totale de confiance en soi, pensées suicidaires).

L’association a pour l’instant trois délégations installées à Montpellier, Paris et Marseille. Le Refuge accompagne ces jeunes homosexuels rencontrant des difficultés en leur apportant un soutien psychologique, médical, voire même un hébergement de courte période dans les cas les plus graves.

Cependant, il est assez regrettable de constater qu’il n’existe que 12 places d’hébergement temporaire à ce jour. Bien sûr ce n’est pas rien, mais ce n’est toujours pas grand chose… Allez, un petit effort M. L’Etat…

Il est existe un numéro de téléphone pour contacter directement Le Refuge : 06 31 59 69 50.

De plus toutes les informations sur les permanances qui sont assurées ainsi que les adresses des différents centres peuvent être trouvées sur la page suivante :

Parlons forme…

Une initiative à saluer donc et pourtant… Il a fallu qu’ils gâchent tout en un spot “publicitaires”. L’association s’est vu offrir un espace publicitaire par TF1 afin qu’ils puissent diffuser gratuitement un spot présentant leurs objectifs et les moyens de les contacter. Belle initiative une fois de plus.

Mais alors, pourquoi a-t-il fallu qu’ils tournent un clip à l’arrache avec pour “présentateur” l’un des homos les plus efféminés et clichés du showbizz, lui-même relayé par un acteur non moins maniéré et au talent douteux, le tout monté à l’arrache avec un bouquet final musical gnan-gnan pratiquement arrêté au milieu d’une phrase ?! Pourquoi ?!

Je n’ai absolument rien contre Magloire et son implication pour Le Refuge témoigne sans nulle doute de sa générosité et de sa prévenance, mais honnêtement je ne suis pas convaincu qu’il soit la meilleure personne pour faire passer ce genre de message. Ou peut-être me trompe-je ? Peut-être Magloire est-il l’homo à qui on peut facilement s’identifier ? Peut-être ne véhicule-t-il pas tant de clichés que ça ? Peut-être les gens n’associent-ils pas directement l’homosexualité à des manières exagérées et une prononciation abusivement efféminée (sur des mots comme “refuuge” ou “homosexuels”) en voyant le spot ?

Peut-être… Mais je suis loin d’être convaincu que la forme défende le fond. Et je trouve surtout dommage qu’un spot pour une telle association véhicule accidentellement des clichés non applicables au plus grand nombre.

Encore une fois, aucun reproche à Magloire, mais plutôt au responsable du “casting”.

Voici une vidéo tirée d’une interview de Magloire par Morandini, qui décrit les objectifs de l’association et qui contient le clip susmentionné.

Pour toute information sur l’assiocation Le Refuge, voici leur site internet :