eBooblog

Cinéma, théâtre, histoires, et le reste.

C'est quoi ce blog ?

Un peu de ciné, un peu de musique, un soupçon de théâtre, quelques histoires et un méli-mélo de tout et n’importe quoi, le tout sans prétention aucune. Bienvenue sur eBooblog.

Tron-Legacy-Jeff-Bridges

J’avais imaginé assez peu de choses sur Tron, L’héritage, mais certainement pas qu’il m’aurait autant bouleversé. Et je dis bien “bouleversé“. Bien entendu, il ne s’agit pas là d’un bouleversement psychologique ou sentimental. Pas de prises de conscience humanistes, de plaies amoureuses à sang, ni d’indignation profonde soudainement réveillée. Rien de tout ça mais bel et bien un bouleversement. Un bouleversement émotionnel.

C’est bien simple j’ai passé les trois quarts du film avec les yeux trempés, scotché à mon fauteuil, frissonant de plaisir.

 

“And then, one day, I got in…”

Dès les premières minutes du film, je me suis laissé envoûté par l’histoire et le rythme fluide des scènes. Et puis c’était parti pour un peu plus de deux heures de transe. C’est assez rare que ça dure aussi longtemps chez moi. Non pas que j’ai du mal à m’immerger dans un film, mais c’est extrêmement rare que je ressente autant de plaisir pendant aussi longtemps dans un film. Mais il faut dire que tout était présent pour me plaire dans Tron…

 

tron-legacy-city01

 

“Change the scheme! Alter the mood! Electrify the boys and girls if you’d be so kind.”

Ca dépend du genre de film, mais l’histoire et les concepts qui l’entourent sont souvent secondaires pour moi au cinéma. Je suis trop occupé à subir les émotions continues créées par les images, les sons, les charismes, etc. Et j’ai été servi… Quelques éléments…

Les yeux : Les images sont tout simplement magnifiques (selon moi…). Une simplicité futuriste bleuâtre (et rougeâtre) déclinée sous tous les angles sans mauvais goût. Les plans sont superbement fluides et les effets spéciaux dégagent tellement d’énergie qu’il est dur de ne pas y être sensible. Les scènes à moto ou de vol sont tout simplement à couper le souffle !

Les oreilles : La bande originale ! Oh god! Je crois que la musique a tout particulièrement conditionné mon addiction. Les Daft Punk nous ont pondu une belle poignée de chefs-d’oeuvres, d’ambiances différentes mais tous en accord avec le film et surtout, tous porteurs d’une immense et intense énergie. Une centrale électrique bleuâtre vous dis-je !

Toujours dans la catégorie officielle des oreilles, la voix de ce bon vieux Jeff Bridges ! Ca vous berce, mais ça vous berce… !

Le cerveau : Le charisme de certains personnages et les auras qu’ils transmettent sont très grisantes et inspirantes ! Mention spéciale à Jeff Bridges pour ses interprétations de Kevin Flynn et Clu 2.0. Merci aussi pour ce petit moment British au milieu du film avec un Michael Sheen plus déjanté que jamais et rock’n'roll que jamais !

 

“I kept dreaming, dreaming of this world…”

En gros, je suis rentré chez moi toujours sous le choc et aujourd’hui j’ai passé toute ma journée de boulot à écouter la bande originale en boucle, avec les larmes au yeux et beaucoup de mal à me concentrer sur mon travail…

Si c’est pas “bouleversé” le mot, alors c’est quoi ?…

Je me laisserais bien tenter par un second tour de montagnes russes un de ces quatre. J’ai l’impression qu’en DVD, sans l’immersion d’une salle obscure, le film ne me procurera plus rien de comparable. Ce serait dommage de ne pas profiter qu’il soit toujours à l’affiche…

 

Bande-annonce “Tron, l’héritage”, VOSTFR

Bertrand Blier, la crème du dialogue français

Posted by Juju On July - 25 - 2010

bertrand blier

C’est qui ce Bertrand Blier ?

Bertrand Blier est, selon moi, l’un des meilleurs dialoguistes français, si ce n’est le meilleur. Ces dialogues sont précis, acides, et possèdent un rythme bien propre à Blier. Les phrases résonnent comme une musique à l’oreille, tout semble toujours bien placé, comme logique. Sur les tournages, B. Blier insiste d’ailleurs pour que les acteurs n’abîment en aucun cas ses mots et suivent précisément les respirations indiquées. C’est là le secret d’une mélodie réussie !

Côté réalisation, il apporte toujours une touche décalée, voire surréaliste. Certains de ses films s’apparentent d’ailleurs plus à une série de saynettes un peu ou sans réel lien entre elles. Les situations et conversations s’enchaînent naturellement mais l’ambiance et le format n’est que peu conventionnel.

En tant que réalisateur, il travaille toujours avec une panoplie d’acteurs Ô connus et reconnus, allant de Serrault à Delon, en passant par Marielle, Arditi, Galabru ou encore Villeret. Certaines critiquent iront jusqu’à aller affirmer que c’est parfois trop comme pour le film Les Acteurs, où une vingtaine des plus grands acteurs français jouaient leur propres rôles dans un film déjanté. Ce n’est personnellement pas mon avis.

 

Il a fait quoi ?

Les succès de Bertrand Blier sont nombreux, avec, par exemple :
1974 : Les Valseuses
1976 : Calmos
1978 : Préparez vos mouchoirs
1979 : Buffet froid
1983 : La Femme de mon pote
1986 : Tenue de soirée
1989 : Trop belle pour toi
1990 : Merci la vie
1993 : Un, deux, trois, soleil
1996 : Mon homme
2000 : Les Acteurs
2003 : Les Côtelettes
2005 : Combien tu m’aimes ?

 

On veut du concret !

A partir du 25 août le grand écran étalera la nouvelle étincelle de génie de Blier : Le Bruit des Glaçons, film avec Jean Dujardin et Albert Dupontel. A ne pas manquer !

En attendant, pour vous faire découvrir la patte de Blier, voici la un extrait de dialogues venant de Calmos, film racontant l’histoire de deux hommes (joués par Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort) qui ne peuvent plus supporter les femmes.

… et un extrait de Un, deux, trois, soleil :

le bruit des glaçons

Plus qu’un mois à attendre avant la sortie de la nouvelle création d’un grand homme du cinéma français, Bertrand Blier. Mais de quoi s’agit-il cette fois-ci ? Voici le synopsis de Le Bruit des Glaçons qui sortira le 25 août prochain dans les salles obscures :

Synopsis (AlloCiné) :
C’est l’histoire d’un homme qui reçoit la visite de son cancer. “Bonjour, lui dit le cancer, je suis votre cancer. Je me suis dit que ça serait peut-être pas mal de faire un petit peu connaissance… “

Encore une fois, Blier s’entoure d’acteurs de pointe, avec Jean Dujardin pour le personnage principal et Albert Dupontel dans le rôle de son cancer. Et franchement, ça rend plutôt pas mal !

Jetez un coup d’oeil à la bande-annonce :

Le Bruit des Glaçons – Bande-Annonce / Trailer [VF|HD]

Scène d’ouverture de Parle avec Elle, Pina Bausch

Posted by Juju On June - 26 - 2010

pina bausch almodovar mullerParle avec Elle (titre original : Habla con Ella) est sans hésitation le film de Pedro Almodóvar qui m’a le plus touché. Peut-être est-ce dû au fait que c’est le seul que j’ai eu la chance de voir au cinéma. Au delà de la patte géniale d’Almodóvar, une scène m’a particulièrement marqué : la première.

Le rideau s’ouvre sur une scène de théâtre aléatoirement parsemée de chaises et tables de bistrot noires. Au milieu de ce morne décor, deux femmes en robes de chambre déhambulent calmement, les yeux fermés, une expression étrange sur le visage. Pourquoi étrange ? C’est une sorte de mélange entre tristesse, solitude et douleur. Leurs mouvements sont lents, souples, puis rapides et violents. Elle s’écrasent contre un mur, rebondissent et s’élancent à l’autre extrémités de la scène, toujours avec ce soupçon d’inhumanité, comme des zombies de caoutchouc. Et cet homme au milieu, qui subit leurs caprices imprévisibles. Il est triste, paniqué, les cheveux décoiffés. Il guette chaque geste et repousse violemment chaises et tables pour dégager le passage. L’ensemble semble confronter la puissance et les aléas des émotions à notre inaptitude à les contrôler.

Je ne pourrais pas expliquer ce que j’ai ressenti ou ce que je ressens en voyant cette scène mais elle me boulverse, elle est comme inexpliquable mais fait résonner des émotions bien connues. C’est la magie de l’art dans sa grandeur je suppose…

La scène en question est en fait extraite du spectacle Café Müller de la chorégraphe allemande Pina Bausch (1940 – 2009). Il s’agit d’une de ses pièces maîtresses et elle y restranscrit la solitude qui accompagna son enfance dans bar-hôtel de ses parents.

Alors que l’artiste ne souhaitait généralement pas que ses spectacles soient enregistrés, elles fit quelques exceptions et c’est, par chance, le cas pour Café Müller. Voici des extraits de cette chorégraphie (différent de celui dans Parle avec Elle), ponctués par quelques mots de Pina.

 



Samarabalouf – In the night garden

Posted by Juju On April - 9 - 2010
summer night Picnic
Photo provenant d’ici.

Un repas de famille sur une pelouse un soir d’été, l’orange des bougies noyé dans la houle du vin, des enfants qui courent et crient, un mec qui décroche, rêveur, qui s’éloigne avec cette chanson dans la tête, marchant tout doucement, les mains dans les poches sous un ciel sans nuage, la brise du crépuscule caressant ses paupières immobiles, douces protectrices d’iris embués… Respire bordel, respire !!!


Samarabalouf – La mer


Mort-vivant (1/2)

Posted by Juju On April - 1 - 2010
Le fauteuil dans lequel je suis assis supporte ce qu’il reste de mon corps fatigué. Mon regard se perd dans les nuages rougeâtres de cette fin d’après-midi. L’ambiance est à la fois lourde et tamisée. Je ne pense à rien. De toute façon, mon cerveau est incapable de faire quoi que ce soit depuis que ces premiers pas m’ont éloigné de lui.


Où suis-je ? Pourquoi ? La voiture est pratiquement vide. Cela ne fait que deux minutes que le paysage a commencé à défiler mais l’étudiant plus loin est déjà concentré sur son bouquin. Son indifférence pour son environnement m’emplit de mépris. Je détourne le regard et un coup d’oeil à l’extérieur me ramène à la triste réalité. Le train glisse maintenant rapidement sur la campagne froidement colorée par le crépuscule. Je suis coincé là, assis, impuissant, incapable de revenir en arrière. Chaque seconde m’éloigne encore plus du seul endroit où je voudrais être. Et si je ne pouvais jamais y retourner ? Et si c’était la dernière fois que je l’avais vu ?


train


Photo par Lilly Lay.


Que fait-il ? A quoi pense-t-il ? Est-il triste ? Aucune idée.


La douleur m’envahit d’un coup. J’ai l’envie soudaine de tout détruire autour de moi. Après tout, toutes ces choses, tous ces gens sont insignifiants, inutiles, vides de sens. Est-il possible de vivre en n’étant entouré que par du vide ? L’image de cette vie au milieux d’êtres insensibles aux vies fades me fait perdre connaissance.



Je reprend conscience à l’annonce grinçante du terminus. Le réveil est brutal. La vue de cet étudiant rangeant méthodiquement son livre dans son sac me confirme que le cauchemar est bien réel. Est-ce déjà la fin du voyage ?! J’ai l’impression d’avoir été trahi, que l’on a profité de mon sommeil pour m’emmener le plus loin possible de lui. Le train est maintenant à quai et l’étudiant est déjà sorti. Mon ventre s’agite à l’idée d’affronter ce “dehors”. Je ne veux pas bouger. Je veux rester ici, seul, à l’abri, passer le reste de ma vie assis dans ce fauteuil, sans enjeu, sans risque. Je crois que je n’ai plus la force de me battre avec cette vie, cette vie à qui cette absence a retiré tout le sens.


Je me lève…