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Archive for the ‘Histoires’ Category

harry potter

Que l’on soit fans ou pas, que l’on ait lu les livres ou pas, Harry Potter, et notamment ces derniers opus, a quelque chose d’attrayant, de mystérieux, voire même d’esthétique. A moins bien sûr d’être déjà pourri de l’intérieur par le monde pragmatique, insipide et hypra-rationnel du Règne Adulte…

Quoi qu’il en soit, bien que n’ayant lu que les trois premiers tomes, je suis toujours curieux de suivre mon cher pote Harry dans ses aventures sorcièrement magiques. Et c’est d’autant plus le cas qu’il s’agit ici du dernier tome et qu’il fait l’objet de deux films. Les deux derniers :( . La première partie est prévue pour novembre 2010 et la seconde pour juillet 2011.

Au programme : Ca sent la fin de la fac pour Harry et ses compères Ron et Hermione. Tous trois vont devoir affronter l’horrible et méchant monde du travail qu’ils redoutent depuis pas mal de temps maintenant. Alors que Ron se bat contre la paperasse afin de monter sa propre boîte pour faire de l’ombre au géant Haribo, Hermione bataille dur pour remporter le poste de directrice marketing dans l’entreprise de ses rêves. Elle pourra ainsi gagner un maximum d’argent et prouver à tout le monde qu’on peut réussir même quand on est née moldue. De son côté Harry continue sa psychanalyse, essayant de vaincre les démons de son passé et comprendre pourquoi il a constamment l’impression d’entendre les serpents parler.

Bref, une histoire assez banale en somme. Bien entendu, il est possible que ce soit un peu plus magique que ça.

En attendant, voici la première bande-annonce officielle du dernier volet de la saga, Harry Potter et les Reliques de la Mort :

Jour de rentrée : Cinq minutes !

Posted by Juju On June - 26 - 2010
pocket watch

Voici le deuxième texte écrit rapidement pendant ma première pause déjeuner à l’Université de Montpellier 2 (premier texte par ici). Je devais vraiment être aigri ce jour-là… Le raisonnement n’est pas totalement terminé, mais la fin est plutôt logique… :D

Il y a quelque chose qui m’a toujours frappé et que je n’ai jamais réellement compris : les gens qui courent pour absolument avoir le tramway qui arrivent à la station à 10 mètres d’eux !

Quoi de plus normal, me direz-vous ! Ils ont probablement quelque chose de prévu, beaucoup envie de rentrer chez eux ou un rendez-vous avec des amis. Mais voici l’absurdité : il y a un tramway qui s’arrête toutes les cinq minutes. Si ce n’est pas celui-là, ce sera le suivant. Ils ne sont pas à cinq minutes près ! Si ?

Plusieurs raisons pourraient expliquer ce comportement. Beaucoup d’entre elles ne réfèrent pourtant qu’à des situations exceptionnelles, que l’on ne rencontre pas forcément tout le temps, tous les jours : poursuivi par un chien enragé avec les dents qui font la taille de nos avant bras ; dans une pente abrupte rendant la marche normale impossible et obligeant à piquer un sprint ; un câble qui relie le dit individu et l’arrière du tramway, … Il reste aussi une raison qui pourrait être plus ou moins évidente : ces gens-là ne savent tout simplement pas qu’un tramway passe toutes les cinq minutes seulement. Ils stressent donc à l’idée de devoir attendre 20 minutes, seuls dans un arrêt glauque et perdre la même période sur leur emploi du temps. Ca pourrait sembler logique mais je pense que la raison est tout à fait inverse…

Selon moi, un tel comportement consitue un réflexe, il n’est pas complétement contrôlé et donc la réflexion n’intervient pas forcément avant l’action. Il s’agit d’une d’une sorte « d’habitude citadine ». Je suis prêt à parier que 95% de ces gens habitent en ville depuis longtemps et ont, pour la plupart d’entre eux, passé leur enfance en ville ou en banlieue, bercés par les transports en commun. Enfants, ils utilisaient probablement le bus, le tram ou le métro pour aller de leur domicile à l’école. Une telle habitude devait être l’objet d’une organisation précise et bien rodée émanant des parents pour les assister dans les premiers pas vers l’indépendance et pour assurer leur sécurité dans ce nouveau monde semé d’obstacles pour les novices : la-ville-tout-seul.

linen house hostel kent street

 

En fouillant dans les entrailles de mon PC je suis tombé sur quelques notes que j’avais gribouillées le jour de ma rentrée à la fac de Montpellier 2 l’année dernière. Ca m’a fait sourire de retomber là-dessus. Chronologiquement le premier texte se passe juste avant le tout premier cours de l’année et le deuxième pendant ma première pause déjeuner sous le soleil de Montpellier. Comme quoi, c’était mal parti dès le départ en fait…

 

Il est 9h22, je viens de me poser sur un magnifique petit muret… J’ai eu le temps de repérer où était mon amphi. Motivé ! Plutôt hâte de commencer, voir des gens, leurs comportements, leurs façons d’agir, leurs personnalités, etc.

 

Mes premières impressions de la fac sont plutôt bonnes : il fait beau, c’est grand, bien organisé. Y’a plein d’étudiants partout. Ca discute. Ca rit. Beaucoup d’étudiants français comme on les aime, avec des personnalités bien typées. En voici deux exemples.

 

Le mec de la Student Union (les noms des personnalités sont poétiquement choisis en référence à des gens que j’avais rencontré auparavant)

Généralement, ils se retrouvent par groupe de 4 ou 5. Ils sont bronzés, souriants, parlent fort, en vêtements amples, tongs à souhait. Quelques filles accompagnent généralement le groupe. Elles sont plus réservées, le regard fuyant, elles parlents peu et sont souvent agressives envers les garçons du groupe, les gars de la Student Union.

L’état d’esprit global de ces gars est que les vacances ne sont pas finies tant qu’ils ne sont pas assis dans une salle de classe, qu’ils sont beaux et qu’ils parlent fort pour qu’un maximum de gens entendent les blagues grasses et grossement arrondies qu’ils déblatèrent. Il représentent, selon eux, l’étudiant relax modèle, non stressé par la rentrée et bien dans ses basquettes, le genre de gars idéalement choisi par les journalistes pour un reportage sur la rentrée.

Debouts, ils s’assurent que le plus grand nombre d’admirateurs secrets puissent vénérer leur vomi verbal dégurgité du sommet de leur connerie basique enlaidie d’un égo non justifié.

 

Le gars de l’hostel de Belfast

Le deuxième type d’étudiants que l’on rencontre souvent est l’étudiant propre sur lui, le gars de l’hostel de Belfast. Ce genre d’étudiant compte les jours le séparant de la rentrée depuis bientôt deux semaines. Cette attente bien calculée est agrémentée d’un mélange de stress et d’impatience. L’impatience de retrouver ses petites habitudes, ses feuilles organisées et la gestion passionnante de son agenda bien tenu. Le stress de découvrir de nouvelles têtes, de nouvelles personnes à aborder de surtout le fameux « stress de la rentrée » créé par son subconscient conventionnel et justifié par les clichés communs à l’ensemble de la société.

Généralement, ce genre de personnes se retrouvent dans des groupes de 2, 3 voire 4 au grand maximum. Les discussions dans ce type de sphère sont les plus banales et superficielles bien que souvent rattachées à un domaine spécifique (informatique, politique, …). La plupart du temps, tous les acteurs de la conversations possèdent les même connaissances sur le sujet traité. Personne ne peut donc rien apporter à personne. La discussion n’a aucun intérêt mais elle a pourtant lieu. Le but : chacun doit montrer le plus maladroitement possible l’ampleur de son savoir. Quand je dis que tout le monde sait la même chose, ce n’est pas tout à fait vrai. Il y a parfois, souvent d’ailleurs, des divergences d’opinions, des points sur lesquels les participants ont des avis différents. C’est la manière par laquelle ils tentent de prouver leur supériorité et de se différencier des autres. Les arguments sont lancés fièrement, froidement, voire agressivement, mais le tout d’air qui se veut détaché, comme pour prendre l’auditoire de haut, le mépriser, le remettre à sa place. Du coup, chaque sujet de discussion abordé au cours de la conversation est amené à être disséquer en multiples éléments sources de conflits interminables. Dans ce cas, en plus de n’avoir aucun intérêt à sa base, la conversation est une merde sociale.

55 conseils pour “devenir quelqu’un”

Posted by Juju On June - 24 - 2010

“M. Pierre ? Ah ça c’est quelqu’un ce M. Pierre !”je ne suis pas quelqu'un

 

Ah quel chanceux ce M. Pierre ! Eh oui, pas évident de devenir quelqu’un en ce bas monde. Et pourtant nous sommes aidés quotidiennement dans cette quête, grâce à notre entourage, aux médias, à la société toute entière. Tout le monde nous donne son petit coup de pouce, son petit conseil. Pas évident de se souvenir de tout ! C’est pour ça que, rien que pour vous, j’ai dressé une liste (ô combien) non-exhaustive des règles à suivre pour devenir quelqu’un.

 

Pour devenir quelqu’un comme M. Pierre, il faut :

- frémir de bonheur en lisant “non-exhaustive”
– être poli en toutes circonstances
– faire attention à son style vestimentaire
– partir en vacances où il fait beau et chaud
– partir en vacances dans un endroit réputé pour son patrimoine culturel si jamais on n’aime pas le soleil
– suivre attentivement l’actualité et ardement la commenter
– mettre de la crème solaire
– connaître l’âge de ses parents et de ses frères et soeurs
– vivre le jour et dormir la nuit
– sortir avec des amis quand on n’a pas le moral
– faire des études
– avoir un travail qui “gagne bien” (prérequis au bonheur)
– utiliser un ton grave lorsque l’on parle de sujets graves
– vérifier la pression des pneus avant un long trajet
– se raser tous les jours (voire tous les deux jours)
– savoir ce que l’on veut faire dans la vie (…et le faire)
– abandonner les rêves qui semblent irréalisables
– avoir des opinions politiques fortes et d’ailleurs…
– avoir un avis sur tout
– avoir un panier pour aller au marché
– manger équilibré
– être organisé dans son travail
– avoir envie de boire un café toutes les deux heures avec ses collègues de travail
– finir tous les livres que l’on commence
– aller promener son chien deux fois par jour
– manger mieux le midi que le soir (important pour le transit et le sommeil)
– faire le ménage dans son appartement plus que deux fois par an
– idem pour sa voiture
– connaître la consommation d’essence de sa voiture “aux 100″
– aimer un chanteur parce que les paroles de ses chansons sont engagées
– avoir un iPod et un iPhone même s’ils coûtent cinq fois plus cher que les autres marques sans aucune raison valable
– revendiquer ses droit en permanence et régulièrement crier atteinte à la propriété privée sans y réfléchir plus que ça
– faire ses comptes régulièrement
– relire ses devoirs avant de les rendre
– être “désolé” lors de la mort d’un proche d’un ami, alors que cela n’a aucun sens si on regarde bien
– comprendre que l’Administration “fait de son mieux”

 

Et n’oubliez pas, il ne faut pas :

- se laver les mains avec le liquide pour vaisselle (ce n’est pas fait pour ça à ce que je sache)
– se coucher à 11h du matin
– sourire à monsieur l’agent
– commencer le violon après l’âge de 10 ans
– parler de ce dont on est fier mais plutôt préférer la fausse modestie
– porter de manteau en été (aussi applicable à tout vêtement noir)
– faire ses courses à 3h du matin
– changer son écriture tous les deux jours
– être impulsif
– sécher les cours
– dévoiler ses sentiments aux gens que l’on aime
– boire de café le soir
– aller faire du camping quand il pleut
– mettre de glaçons dans son thé sous prétexte qu’il est trop chaud
– se parler à soi-même
– être soi-même ?…
– terminer un article par un gros mot

J’suis pas quelqu’un.

Merde.

Samarabalouf – In the night garden

Posted by Juju On April - 9 - 2010
summer night Picnic
Photo provenant d’ici.

Un repas de famille sur une pelouse un soir d’été, l’orange des bougies noyé dans la houle du vin, des enfants qui courent et crient, un mec qui décroche, rêveur, qui s’éloigne avec cette chanson dans la tête, marchant tout doucement, les mains dans les poches sous un ciel sans nuage, la brise du crépuscule caressant ses paupières immobiles, douces protectrices d’iris embués… Respire bordel, respire !!!


Samarabalouf – La mer


Mort-vivant (1/2)

Posted by Juju On April - 1 - 2010
Le fauteuil dans lequel je suis assis supporte ce qu’il reste de mon corps fatigué. Mon regard se perd dans les nuages rougeâtres de cette fin d’après-midi. L’ambiance est à la fois lourde et tamisée. Je ne pense à rien. De toute façon, mon cerveau est incapable de faire quoi que ce soit depuis que ces premiers pas m’ont éloigné de lui.


Où suis-je ? Pourquoi ? La voiture est pratiquement vide. Cela ne fait que deux minutes que le paysage a commencé à défiler mais l’étudiant plus loin est déjà concentré sur son bouquin. Son indifférence pour son environnement m’emplit de mépris. Je détourne le regard et un coup d’oeil à l’extérieur me ramène à la triste réalité. Le train glisse maintenant rapidement sur la campagne froidement colorée par le crépuscule. Je suis coincé là, assis, impuissant, incapable de revenir en arrière. Chaque seconde m’éloigne encore plus du seul endroit où je voudrais être. Et si je ne pouvais jamais y retourner ? Et si c’était la dernière que je l’avais vu ?


train


Photo par Lilly Lay.


Que fait-il ? A quoi pense-t-il ? Est-il triste ? Aucune idée.


La douleur m’envahit d’un coup. J’ai l’envie soudaine de tout détruire autour de moi. Après tout, toutes ces choses, tous ces gens sont insignifiants, inutiles, vides de sens. Est-il possible de vivre en n’étant entouré que par du vide ? L’image de cette vie au milieux d’êtres insensibles aux vies fades me fait perdre connaissance.



Je reprend conscience à l’annonce grinçante du terminus. Le réveil est brutal. La vue de cette étudiant rangeant méthodiquement son livre dans son sac me confirme que le cauchemar est bien réel. Est-ce déjà la fin du voyage ?! J’ai l’impression d’avoir été trahi, que l’on a profité de mon sommeil pour m’emmener le plus loin possible de lui. Le train est maintenant à quai et l’étudiant est déjà sorti. Mon ventre s’agite à l’idée d’affronter ce “dehors”. Je ne veux pas bouger. Je veux rester ici, seul, à l’abri, passer le reste de ma vie assis dans ce fauteuil, sans enjeu, sans risque. Je crois que je n’ai plus la force de me battre avec cette vie, cette vie à qui cette absence a retiré tout le sens.


Je me lève…