eBooblog

Cinéma, théâtre, histoires, et le reste.

C'est quoi ce blog ?

Un peu de ciné, un peu de musique, un soupçon de théâtre, quelques histoires et un méli-mélo de tout et n’importe quoi, le tout sans prétention aucune. Bienvenue sur eBooblog.

Archive for June, 2010

Quand le football dépeuple l’Angleterre

Posted by Juju On June - 29 - 2010

Dimanche 27 juin 2010, il est environ 16 heures. Je prend ma voiture direction Tesco. Et là, surprise ! Pas un chat dans les rues.

Les rond-points qui débordent généralement de circulation sont aujourd’hui vides. Pas l’ombre d’être humain en vue. Seuls règnent le silence et l’agréable douceur de l’été anglais.

J’arrive à destination en un temps record. C’est comme s’il était trois heures du matin mais que le soleil n’avait pas voulu se coucher.

Une chose est sûre, à ce moment précis de l’Histoire de l’Angleterre, il y a plus de télés allumées que de sujets dans les rues.

ensbury_park
wallisdown

illusionniste illusionist chomet tati 2010

Alors que lors de mon rapide séjour à Paris, les affiches des colonnes Morris me faisaient saliver je me résonnait calmement en me promettant de courir voir L’Illusionniste dès sa sortie au Royaume-Uni. Si j’avais su ! Je vais pouvoir attendre encore longtemps. La déception est grande puisque le film d’animation ne sortira pas avant le 25 décembre au Royaume-Uni ! Rien que pour ça je devrais faire un aller-retour express en France !
Mais pourquoi une telle impatience ? Eh bien pour deux raisons principales : Jacques Tati et Sylvain Chomet. Alors qu’on ne présente plus M. Tati, j’avais été scotché par Les Triplettes de Belleville et ce dessin animé reste un des films dans mon top 5 par son originalité, sa beauté, son ambiance et sa sensibilité !
Et bien, apparemment il remet ça et avec pour fond un scénario original de M. Jacques Tati qu’il avait écrit dans une lettre pour sa fille mais qu’il n’avait jamais exploité. L’hommage est donc fort. De plus, Sylvain Chomet est allé jusqu’à croquer J. Tati (Tatischeff de son vrai nom) pour le personnage central du film : l’illusionniste.
Mais alors de quoi s’agit-il ? C’est l’histoire d’un prestidigitateur confirmé qui assite impuissant au déclin dont son métier est la cible. Les groupes de rock remplaçant progressivement les numéros de music-hall plus classiques, le héros décide de voyager et part s’installer au Royaume-Uni et plus précisément à Edimbourg. C’est là qu’il rencontre une jeune fille pleine de malice qui changera sa vie… Le tout étant muet, avec du charabias aux consonnances françaises, écossaises ou anglaises tout au plus… Des couleurs chaudes. Un coup de crayon rassurant. Bref, le style Chomet.
Je ne sais même pas pourquoi je me mets à m’imaginer ce genre de choses alors qu’il me reste de longs mois à patienter. “C’est vraiment trop injuste !”.
Ca n’empêche pas de se regarder la bande-annonce, si ?

Alors que lors de mon rapide séjour à Paris, les affiches des colonnes Morris me faisaient saliver je me résonnait calmement en me promettant de courir voir L’Illusionniste dès sa sortie au Royaume-Uni. Si j’avais su ! Je vais pouvoir attendre encore longtemps. La déception est grande puisque le film d’animation ne sortira pas avant le 25 décembre au Royaume-Uni ! Rien que pour ça je devrais faire un aller-retour express en France !

Mais pourquoi une telle impatience ? Eh bien pour deux raisons principales : Jacques Tati et Sylvain Chomet. Alors qu’on ne présente plus M. Tati, j’avais été scotché par Les Triplettes de Belleville et ce dessin animé reste un des films dans mon top 5 par son originalité, sa beauté, son ambiance et sa sensibilité !

Et bien, apparemment il remet ça et avec pour fond un scénario original de M. Jacques Tati qu’il avait écrit dans une lettre pour sa fille mais qu’il n’avait jamais exploité. L’hommage est donc fort. De plus, Sylvain Chomet est allé jusqu’à croquer J. Tati (Tatischeff de son vrai nom) pour le personnage central du film : l’illusionniste.

Mais alors de quoi s’agit-il ? C’est l’histoire d’un prestidigitateur confirmé qui assite impuissant au déclin dont son métier est la cible. Les groupes de rock remplaçant progressivement les numéros de music-hall plus classiques, le héros décide de voyager et part s’installer au Royaume-Uni et plus précisément à Edimbourg. C’est là qu’il rencontre une jeune fille pleine de malice qui changera sa vie… Le tout étant muet, avec du charabias aux consonnances françaises, écossaises ou anglaises tout au plus… Des couleurs chaudes. Un coup de crayon rassurant. Bref, le style Chomet.

Je ne sais même pas pourquoi je me mets à m’imaginer ce genre de choses alors qu’il me reste de longs mois à patienter. “C’est vraiment trop injuste !”.

Ca n’empêche pas de se regarder la bande-annonce, si ?



Littledidthouknow est mort ! Longue vie à eBooblog !

Posted by Juju On June - 27 - 2010

logo

C’est officiel ! Au revoir Littledidthouknow et bonjour eBooblog !

Rien de bien nouveau, si ce n’est un nouveau design tout plein de nouvelles couleurs qui changeront probablement avec le temps… Ne faites pas attention aux quelques bugs qui doivent subsister… :/

J’espère que vous serez nombreux à vivre cette nouvelle aventure avec moi.

Bonne soirée les gens, :D

Juju.

Jour de rentrée : Cinq minutes !

Posted by Juju On June - 26 - 2010
pocket watch

Voici le deuxième texte écrit rapidement pendant ma première pause déjeuner à l’Université de Montpellier 2 (premier texte par ici). Je devais vraiment être aigri ce jour-là… Le raisonnement n’est pas totalement terminé, mais la fin est plutôt logique… :D

Il y a quelque chose qui m’a toujours frappé et que je n’ai jamais réellement compris : les gens qui courent pour absolument avoir le tramway qui arrivent à la station à 10 mètres d’eux !

Quoi de plus normal, me direz-vous ! Ils ont probablement quelque chose de prévu, beaucoup envie de rentrer chez eux ou un rendez-vous avec des amis. Mais voici l’absurdité : il y a un tramway qui s’arrête toutes les cinq minutes. Si ce n’est pas celui-là, ce sera le suivant. Ils ne sont pas à cinq minutes près ! Si ?

Plusieurs raisons pourraient expliquer ce comportement. Beaucoup d’entre elles ne réfèrent pourtant qu’à des situations exceptionnelles, que l’on ne rencontre pas forcément tout le temps, tous les jours : poursuivi par un chien enragé avec les dents qui font la taille de nos avant bras ; dans une pente abrupte rendant la marche normale impossible et obligeant à piquer un sprint ; un câble qui relie le dit individu et l’arrière du tramway, … Il reste aussi une raison qui pourrait être plus ou moins évidente : ces gens-là ne savent tout simplement pas qu’un tramway passe toutes les cinq minutes seulement. Ils stressent donc à l’idée de devoir attendre 20 minutes, seuls dans un arrêt glauque et perdre la même période sur leur emploi du temps. Ca pourrait sembler logique mais je pense que la raison est tout à fait inverse…

Selon moi, un tel comportement consitue un réflexe, il n’est pas complétement contrôlé et donc la réflexion n’intervient pas forcément avant l’action. Il s’agit d’une d’une sorte « d’habitude citadine ». Je suis prêt à parier que 95% de ces gens habitent en ville depuis longtemps et ont, pour la plupart d’entre eux, passé leur enfance en ville ou en banlieue, bercés par les transports en commun. Enfants, ils utilisaient probablement le bus, le tram ou le métro pour aller de leur domicile à l’école. Une telle habitude devait être l’objet d’une organisation précise et bien rodée émanant des parents pour les assister dans les premiers pas vers l’indépendance et pour assurer leur sécurité dans ce nouveau monde semé d’obstacles pour les novices : la-ville-tout-seul.

linen house hostel kent street

 

En fouillant dans les entrailles de mon PC je suis tombé sur quelques notes que j’avais gribouillées le jour de ma rentrée à la fac de Montpellier 2 l’année dernière. Ca m’a fait sourire de retomber là-dessus. Chronologiquement le premier texte se passe juste avant le tout premier cours de l’année et le deuxième pendant ma première pause déjeuner sous le soleil de Montpellier. Comme quoi, c’était mal parti dès le départ en fait…

 

Il est 9h22, je viens de me poser sur un magnifique petit muret… J’ai eu le temps de repérer où était mon amphi. Motivé ! Plutôt hâte de commencer, voir des gens, leurs comportements, leurs façons d’agir, leurs personnalités, etc.

 

Mes premières impressions de la fac sont plutôt bonnes : il fait beau, c’est grand, bien organisé. Y’a plein d’étudiants partout. Ca discute. Ca rit. Beaucoup d’étudiants français comme on les aime, avec des personnalités bien typées. En voici deux exemples.

 

Le mec de la Student Union (les noms des personnalités sont poétiquement choisis en référence à des gens que j’avais rencontré auparavant)

Généralement, ils se retrouvent par groupe de 4 ou 5. Ils sont bronzés, souriants, parlent fort, en vêtements amples, tongs à souhait. Quelques filles accompagnent généralement le groupe. Elles sont plus réservées, le regard fuyant, elles parlents peu et sont souvent agressives envers les garçons du groupe, les gars de la Student Union.

L’état d’esprit global de ces gars est que les vacances ne sont pas finies tant qu’ils ne sont pas assis dans une salle de classe, qu’ils sont beaux et qu’ils parlent fort pour qu’un maximum de gens entendent les blagues grasses et grossement arrondies qu’ils déblatèrent. Il représentent, selon eux, l’étudiant relax modèle, non stressé par la rentrée et bien dans ses basquettes, le genre de gars idéalement choisi par les journalistes pour un reportage sur la rentrée.

Debouts, ils s’assurent que le plus grand nombre d’admirateurs secrets puissent vénérer leur vomi verbal dégurgité du sommet de leur connerie basique enlaidie d’un égo non justifié.

 

Le gars de l’hostel de Belfast

Le deuxième type d’étudiants que l’on rencontre souvent est l’étudiant propre sur lui, le gars de l’hostel de Belfast. Ce genre d’étudiant compte les jours le séparant de la rentrée depuis bientôt deux semaines. Cette attente bien calculée est agrémentée d’un mélange de stress et d’impatience. L’impatience de retrouver ses petites habitudes, ses feuilles organisées et la gestion passionnante de son agenda bien tenu. Le stress de découvrir de nouvelles têtes, de nouvelles personnes à aborder de surtout le fameux « stress de la rentrée » créé par son subconscient conventionnel et justifié par les clichés communs à l’ensemble de la société.

Généralement, ce genre de personnes se retrouvent dans des groupes de 2, 3 voire 4 au grand maximum. Les discussions dans ce type de sphère sont les plus banales et superficielles bien que souvent rattachées à un domaine spécifique (informatique, politique, …). La plupart du temps, tous les acteurs de la conversations possèdent les même connaissances sur le sujet traité. Personne ne peut donc rien apporter à personne. La discussion n’a aucun intérêt mais elle a pourtant lieu. Le but : chacun doit montrer le plus maladroitement possible l’ampleur de son savoir. Quand je dis que tout le monde sait la même chose, ce n’est pas tout à fait vrai. Il y a parfois, souvent d’ailleurs, des divergences d’opinions, des points sur lesquels les participants ont des avis différents. C’est la manière par laquelle ils tentent de prouver leur supériorité et de se différencier des autres. Les arguments sont lancés fièrement, froidement, voire agressivement, mais le tout d’air qui se veut détaché, comme pour prendre l’auditoire de haut, le mépriser, le remettre à sa place. Du coup, chaque sujet de discussion abordé au cours de la conversation est amené à être disséquer en multiples éléments sources de conflits interminables. Dans ce cas, en plus de n’avoir aucun intérêt à sa base, la conversation est une merde sociale.

Scène d’ouverture de Parle avec Elle, Pina Bausch

Posted by Juju On June - 26 - 2010

pina bausch almodovar mullerParle avec Elle (titre original : Habla con Ella) est sans hésitation le film de Pedro Almodóvar qui m’a le plus touché. Peut-être est-ce dû au fait que c’est le seul que j’ai eu la chance de voir au cinéma. Au delà de la patte géniale d’Almodóvar, une scène m’a particulièrement marqué : la première.

Le rideau s’ouvre sur une scène de théâtre aléatoirement parsemée de chaises et tables de bistrot noires. Au milieu de ce morne décor, deux femmes en robes de chambre déhambulent calmement, les yeux fermés, une expression étrange sur le visage. Pourquoi étrange ? C’est une sorte de mélange entre tristesse, solitude et douleur. Leurs mouvements sont lents, souples, puis rapides et violents. Elle s’écrasent contre un mur, rebondissent et s’élancent à l’autre extrémités de la scène, toujours avec ce soupçon d’inhumanité, comme des zombies de caoutchouc. Et cet homme au milieu, qui subit leurs caprices imprévisibles. Il est triste, paniqué, les cheveux décoiffés. Il guette chaque geste et repousse violemment chaises et tables pour dégager le passage. L’ensemble semble confronter la puissance et les aléas des émotions à notre inaptitude à les contrôler.

Je ne pourrais pas expliquer ce que j’ai ressenti ou ce que je ressens en voyant cette scène mais elle me boulverse, elle est comme inexpliquable mais fait résonner des émotions bien connues. C’est la magie de l’art dans sa grandeur je suppose…

La scène en question est en fait extraite du spectacle Café Müller de la chorégraphe allemande Pina Bausch (1940 – 2009). Il s’agit d’une de ses pièces maîtresses et elle y restranscrit la solitude qui accompagna son enfance dans bar-hôtel de ses parents.

Alors que l’artiste ne souhaitait généralement pas que ses spectacles soient enregistrés, elles fit quelques exceptions et c’est, par chance, le cas pour Café Müller. Voici des extraits de cette chorégraphie (différent de celui dans Parle avec Elle), ponctués par quelques mots de Pina.